(Doom/Epic Metal)
Tout comme l’habit ne fait pas le moine, la toge blanche ne fait pas le druide. De prime abord, Dantesco possède toutes les caractéristiques du groupe de metal païen classique : logo intégrant une croix celte, un titre d’album assez peu équivoque (‘Pagano’), un chant en espagnol pouvant être synonyme d’une certaine revendication nationaliste. Un emballage alléchant, les bonnes surprises en matières de metal celtique et metal païen en général se faisant un peu trop rares ces derniers temps.
C’est ici que le vieil adage s’applique parfaitement. Car, de metal païen, il n’en est point question ici. Dantesco, groupe portoricain (ce qui est suffisamment rare pour être mentionné) pratique une sorte de heavy/doom metal, somme toute assez classique, le tout parsemé de discrets éléments hispanisants (parmi lesquels le chant et quelques incursions de guitare acoustiques). La suprise passée, vient alors le temps d’écouter la musique de Dantesco pour ce qu’elle est vraiment, en faisant fi de l’emballage païen (même, s’il est vrai, que certaines paroles de morceaux s’avèrent plus ou moins proches de thématiques païennes). Les morceaux sont longs, épiques, alternent intros et riffs très lourds à la Candlemass, ainsi que des breaks tour à tour rapides, acoustiques, ou…encore plus lents que les couplets. ‘Su sangre es mio’ et ses sept minutes lentes, lourdes, reflète parfaitement cette lenteur pesante, presque oppressante, des morceaux. La voix d’Erico ‘La Bestia’, tantôt très grave et lyrique, tantôt très aiguë et criarde à la Jose Andrea (Mago de Oz) est sans doute la principale originalité de ce groupe qui souhaite vraisemblablement, à travers cet album, rendre hommage aux pionniers du doom metal et du metal épique des années 70. Les puristes jugeront si l’hommage et réussi. J’ai pour ma part bien trop souvent lutté contre l’endormissement à l’écoute de morceaux comme ‘Exorcista’, sans doute le meilleur des somnifères ! Quelques morceaux permettent tout de même à cet album de se hisser dans le ventre mou des sorties 2008, à l’image de l’intermède acoustique ‘De la mano de la muerte’ ou des deux morceaux bonus de l’édition européenne (‘I came from hell’ et ‘Gethsemane’), très variés et convaincants, qui sont bizarrement les deux pièces les plus réussies de cet album somme toute assez indigeste.
Gegers
01. Santa Cruce Titulus
02. La Ultima Visita De Grendel
03. Por Tu Santo Amor
04. Su Sangre Es Mia
05. Exorcista
06. De La Mano De La Muerte
07. En El Bosque Este Noche
08. Aguila De Sangre
09. Anibal
10. I Came From Hell
11. Gethsemane